Prcdent: Sommaire             Courant : L'Appel de Culnhu    Page :      1





         ķ
           Ŀ     L'Appel de        Un rcit  original sur  le
                ҿ          thme : "Les influences du
                Ĵ         mythe de Lovecraft  sur un
           ٽ         ami-GAGA-tiste, pass 23H"
         ͼ  
                                   




           ͸ͻ͸
           ;        Prambule...       ͸
           ͼʼ;




             Aprs ce matin l je ne fut plus jamais le mme.  Moi qui
      d'ordinaire souriant, ouvert, ne prtais jamais attention  ce que
      je pensais tre des commrages malveillants ns d'incertains
      profanateurs de technologies sacres, la lettre de WARRANT que je
      reu ce matin funeste me retourna comme une crpe ; ou plutt
      comme un vieux biscuit moisi et violac que l'on retrouve aprs
      une longue priode de macration dans les glauques trfonds de son
      appartement, repre obscure dans lequel fermentent la pestilence
      accarienne avec un cloaque micro-bactrien puruleux.

             Je sentis ds les premiers instants, ds lors que j'eu pos
      mes yeux sur la premire ligne, des forces malfiques titanesques
      m'envelopper et refermer sur moi les membranes impalpables d'une
      crature inhumaine.

             Quand je reposai la lettre impregne de sang, de sueur, de
      salive, et de tout autre mucus que peut screter un corp humain
      savament tortur, ma dcision me fut vite souffle par LE matre,
      mon inspirateur :  Il fallait mettre  bas ces dsapprobations
      conservatrices et improductives, et exterminer ces vlites paen-
      -nes qui osaient toujours s'lever contre la prophtie !

             Je m'empara de la dague mythique de Mykhos Hoft, qui fut
      forge jadis en des temps o l'obscurantisme barbare faisait enco-
      -re concurrence  la marche du (P)rogrs (C)osmique, par le grand
      prtre Bilghait'thss,  partir d'une carte d'extension LIM 8 bits.


             J'allais en sachant que ce que j'tais dcid  faire, dont
      je ne me laissait alors mme pas entrevoir toute la rpugnante
      atrocit, tait ncessaire pour l'avnement de notre rgne.

             J'allais en sachant que mes confrres inquisiteurs auraient
      tous appliqus la mme sentence  pareille hrsie.

             J'allais en sachant qu'un pentagramme trac  la craie ne
      m'arrterait pas...




       ͻͻͻ

Prcdent: Sommaire             Courant : L'Appel de Culnhu    Page :      2


       μ                                             ͼ
       ͼ                                               ͻ
                            L'APPEL DE CULNHU                     
       ͻ                                               ͼ
       λ                                             ͻ
       ͼͼͼ




             Il existe des limites  l'horreur que peut supporter un
      homme.  L'univers a des secrets que l'humanit ne doit pas connai-
      -tre.  L'vnement naturel le plus insignifiant deviendrait rapi-
      -dement terrifiant  l'homme connaissant ses causes caches.  Des
      forces invisibles nous entourent.  Des puissances nous guettent.
      Bientt viendra le jour de la prophtie de Ouargl, et le monde
      entier hurlera de terreur et de frnsie.

             J'ai perc les arcanes des Anciens Dieux.  J'espre termi-
      -ner ce fichier avant qu'ILS ne me retrouvent. Ou peut-tre m'ont
      -ils dj localis et se gaussent-ils dans l'ombre, prparant un
      Guru Mditation qui m'radiquera  jamais ?

             Le bruit du ventilateur de mon PC m'empche d'entendre le
      hurlement des engoulevents, appel sinistre manant de l'me pri-
      -sonnire et tourmente d'anciens codeurs ST.  La pluie tombe
      depuis des heures, et le vent passe en un rle sibilant  travers
      mes volets.  Je suis transi, mais ne peut me lever.  Je dois
      terminer ce texte avant le lev du jour, et le balancer sur
      Internet avant qu'il ne soit trop tard. (Et si avec a ils ne me
      refilent pas des tranches de downloading...)


                               -*-*-*-*-*-



             Tout a commenc le jour o j'ai pntr dans une choppe
      sombre et poussireuse, dans la petite ville d'Ismouch.  La vi-
      -trine avait attir mon regard.  Elle ne contenait absolument rien
       part un moniteur poussireux.  En m'approchant, je sentis la
      pulsation animale qui s'en dgageait.  Une impulsion me poussa 
      entrer.  L'unique occupant de la pice vint aussitt  moi, cu-
      -rieuse crature contrefaite qui me dplt souverainement. Sa
      bouche se tordit en un rictus, parodie d'un sourire de bienvenue,
      et il ahana dans un souffle asthmatique : "Bienvenue  la FLAC
      Monsieur".

             Je ne lui rpondit pas et commenais  examiner le contenu
      des tagres en bois massif. Un pais livre reli dans un cuir
      riche et odorant attira mon attention. Je me penchais vers lui et
      lu le titre: "De Amiga Mysteriis" par le Comte Levrette.

             Le vendeur avait suivi mon regard, et il me devana avec
      une rapidit surprenante, s'emparant du livre et m'observant d'un
      air obsquieux:

      - "Je vois que Monsieur est un connaisseur. Ce livre n'est malheu-
      reusement pas  vendre.
      - Il me le faut cependant.  Je ne savais pas qu'il en restait un
      exemplaire.  On a racont que tous ont brul dans la grande cr-
      -mation, lors de l'avnement du..."  Je m'interrompit, n'osant
      prononcer les syllabes impies.

Prcdent: Sommaire             Courant : L'Appel de Culnhu    Page :      3



             L'trange crature termina pour moi:

      - "Lors de l'avnement du PC.  Beaucoup ont disparus, victimes de
      la folie des hommes, mais il reste des fidles  l'ancien culte.
      - Donnez moi ce livre.  J'ai sur moi la dernire intro du FAT"

             Ses yeux globuleux parurent s'arrondir davantage, si cela
      tait possible.

      - "On raconte d'tranges histoires. L'une d'elle prtend que le
      Grand Prtre du FAT a chapp  la cure, et erre dans l'ombre,
      rassemblant les forces alternatives de la scne.
      - En effet, et toute histoire a un fond de vrit.  Or il se
      trouve prsentement que le Grand Prtre du FAT se trouve devant
      toi, et qu'il a besoin du bouquin, abruti !"

             Le vendeur recula lgrement, mais mes invocations produi-
      -sirent l'effet dsir.  Il me remit la relique et m'accompagna
      jusqu' la porte.


             Une fois dehors, je couru jusqu' ma chambre d'hotel,
      situe  proximit du port.  A peine arriv, je contemplais la
      qute de toute une vie.  Mes efforts n'avaient pas ts vains, et
      l'espoir renaissait en moi, tandis que je caressais le schma du
      blitter 64 bits.


                               -*-*-*-*-*-



             Une curieuse rumeur m'arracha  ma contemplation.  Le cr-
      -puscule s'installait et un bruit trange montait des eaux du port
      maintenant dsert.

             Tandis que l'obscurit s'installait, la rumeur alla crois-
      -sante, jusqu' devenir un son d'une qualit si bizarre que je
      m'approchais de la fentre.

             Tout d'abord, je ne distinguais rien.  Une ombre furtive
      devant la lueur tremblotante d'un lampadaire attira rapidement mon
      attention.  Cette ombre tait ramasse sur elle-mme, et semblait
      bossue.  Elle fut rejointe par plusieurs ombres similaires, et
      elles se mirent  avancer de concert vers mon hotel, d'une cu-
      rieuse dmarche sautillante.

             Bientt, la flamme d'une torche dchira la nuit.  Un pige
      se refermait sur moi telle une nasse, et il me fallait fuir ou
      mourir.  L'escalier de service menait  une arrire cour donnant
      sur une sinistre ruelle.  Je me prcipitais dans une direction que
      je supposais oppose  celle du port, avec pour seul bagage "De
      Amiga Mysteriis".  A bonne distance de l'hotel, je me retournais
      dans sa direction, pour dcouvrir le spectacle d'un brasier
      infernal.

             Je me htais vers la gare, mais pas assez rapidement pour ne
      pas entendre la complainte lugubre d'une crature inhumaine,
      venant du port.  Je pris le premier train pour Arcame.  Sa biblio-
      -thque universitaire seule pouvait m'clairer sur les tranges
      cratures peuplants la nuit.  Le voyage se passa rapidement, et
      lorsque j'arrivais, les premiers rayons du soleil donnaient aux

Prcdent: Sommaire             Courant : L'Appel de Culnhu    Page :      4


      venements de la nuit une consistance irrelle.


                               -*-*-*-*-*-



             Le bibliothcaire de l'universit d'Arcame tait une vieil-
      -le connaissance.  Sourcils froncs, rides profondes causes par
      le dchiffrage de manuscrits abscons, et cheveux grisonnants, il
      dbordait nanmoins d'energie.  Il se situait  l'oppos de ce que
      l'on rencontre habituellement dans les blibliothques universi-
      -taires,  savoir des fonctionnaires avachis attendants la retrai-
      -te.

             Il me fit un accueil abrupt: "Ca faisait trop longtemps que
      la ville tait paisible ! Que viens-tu faire ?"

             Je baissais la voix, tout en tirant lgerement "De Amiga
      Mysteriis" de ma veste: "Il me faut le jeu d'instruction du
      68060."

             La vue du livre lui fit carquiller les yeux.  Il reprit
      d'un ton plus mesur : "Hum...  Ca fait tellement longtemps...  Si
      tu venais boire un verre chez moi ?"

             J'acceptais et flanais dans la biblibothque, attendant
      l'heure de la fermeture.  A trois heures, le personnel jeta dehors
      les derniers tudiants qui s'obstinaient  ignorer les coups
      d'oeil insistants qu'on leur jetait, et fermrent les portes.

             Je suivis le bibliothcaire qui m'amena  son logement,
      situ dans une rue proche.  Il me servit un verre d'eau (du robi-
      -net) et se laissa tomber lourdement dans un fauteuil au cuir
      rap.

             Il me jeta un regard acr:

      - "Bon...  Le jeu d'instruction du 68060...  Tu sais que ce livre
      a t interdit par le comit rformateur ?
      - Je sais trs bien o vont tes sympathies, et je suis persuad
      que tu l'as ici, cach quelque part...
      - Effectivement, je pense que le PC est une merde.  Du matriel
      sous-exploit pour des crtins sous-dous.  Et ne fais pas cette
      tte la, mon appartement est muni d'un dispositif de brouillage
      d'coute.
      - Il y a autre chose.  Avant d'arriver, j'ai chapp  un attentat
      dirig manifestement contre ma personne.

             Je lui narrais alors les vnements de la nuit prcdente.
      Je conclus:

      - "Il semble que la prophtie disait vrai.  Les Anciens Dieux vont
      revenir ds que l'offre logicielle sera suffisante.
      - Et une nouvelle re de tnbres s'ouvrira.  Les codeurs Basic et
      Apl vont rapparaitres, semant la dsolation.
      - Il faut empcher cela.  Je n'ai lu que des fragments de la pro-
      phtie, mais elle se trouve intgralement dans "De Amiga
      Mysteriis". "

             Il manipula une latte du parquet et plongea sa main dans
      l'espace ainsi mnag.  Il la retira avec une brochure qui ir-
      -radiait une puissance contenue.  Elle portait pour seul titre

Prcdent: Sommaire             Courant : L'Appel de Culnhu    Page :      5


      cinq chiffres: "68060".  Il me la tendit avec respect, et je
      l'enfouis dans ma poche.

             Je pris alors cong, pour prendre le premier 'express' (du
      moins d'aprs les brochures SNCF)  destination d'Eperniais.  En
      prenant cong sur le pas de sa porte, j'eu la sensation d'tre
      observ.  Je me retournais, mais la rue tait vide.


                               -*-*-*-*-*-



             En attendant le train, j'eu de nouveau cette trange sen-
      -sation.  Cette fois, une silhouette furtive passa  l'extrmit
      de mon champ de vision. Je feignis de n'avoir rien aperu, tout en
      me dirigeant nonchalamment vers un coin dsert de la gare.  Je
      pivotais alors sur mes talons, pour me trouver nez  nez avec une
      crature abjecte, aux yeux injects de sang et dot d'un tremble-
      -ment irrprssible des mains.  Je reconnus un Sissaupe, crature
      autrefois humaine et dont le mtabolisme avait mut, suite aux
      trop nombreuses nuits passes sur le rseau,  observer des tubes
      cathodiques de mauvaise qualit.

             La crature mis un son, proche du sifflement aigu.  Un
      modem seul m'aurait permis de dchiffrer ce langage trange.  Il
      tira de sa poche un opinel n43, et commena  le dplier labo-
      -rieusement.  Je lui envoyais alors un coup de pied dans le port
      d'extension, et courus vers le train qui entrait en gare.

             Le Sissaupe se releva lentement.  Il tituba vers le train,
      puis s'croula  nouveau, dans l'indiffrence gnrale.  Je
      montais alors dans un wagon, et allais occuper une cabine vide.

             Durant le trajet,je ne fus drang que par un homme habill
      d'une manire trange et qui me dit "Biyai sioupl".  Devant mon
      indiffrence, il rpta la phrase avec plus de vigueur, et comme
      je ne rpondais toujours pas, il voulu me faire lever de mon sige
      Je me levais alors avec un sourire carnassier, et fit jouer mes
      articulations dans un craquement sinistre.  Je le dominais  d'une
      bonne tte, et lui parlais d'un ton mesur :

            "Crature infrieure, aujourd'hui je me sens bon.  Je serais
      donc clment malgr ton outrecuidance.  Tu as dix secondes pour
      quitter les lieux."

             L'trange individu recula, subjugu par ma puissance, et
      sorti en esquissant une rapide courbette.  Je somnolais durant le
      reste du voyage.

             La nuit tombait alors que je quittais la gare.  Ma maison
      n'tait pas situe trs loin, mais je craignais de rencontrer
      d'autres servants du culte immonde.  J'avanais rapidement, mais
      la nuit m'enveloppa bientt, tel un manteau  la fois protecteur
      et menaant.  Des cris tranges retentissaient tout autour de
      moi, mais je les ignorais.  Je croisais mme un adolescent bouton-
      -neux qui profrait des mots sans suite,  la manire d'une
      incantation :  "Onk onk.. 240 BPM.. Onk onk.."  J'vitais son
      regard, car je craignais d'y lire la folie, et pressais davantage
      le pas.

             La fin du trajet fut trs prouvante,  la fois physique-
      -ment et nerveusement.  Des murmures menaants m'environnaient,

Prcdent: Sommaire             Courant : L'Appel de Culnhu    Page :      6


      surgissants de tous les cts, alors que des voix lascives mur-
      -muraient "Viens voir mon systme d'exploitation".  Apercevant
      enfin la silhouette rassurante de ma maison, je me mis  courir
      pour chapper aux voix des tnbres.

             Il me sembla que des mains invisibles s'accrochaient  mes
      vtements, dans ma course perdue.  Je hurlais "Non ! Vous n'aurez
      pas d'autographe !" et alors seulement la rue redevint dserte.


                               -*-*-*-*-*-



             Un parfum trange flottait dans ma maison.  Une odeur de
      corruption douceatre m'environnait.  Je me rendit  ma chambre,
      pour constater qu'elle avait t fouille de fond en comble.
      Heureusement,le double fond de mon tower avait chapp aux regards
      indiscrets, et j'y retrouvais mes sources du FAT. J'allumais mon
      PC, et tapais "go 5000", ce qui me bascula sous amigados.  Ce bri-
      -colage astucieux m'avait permis d'chapper au comit rformateur
      qui traquait impitoyablement les survivants de l'ancien culte.

             Le dcryptage de la prophtie commena alors, lent et labo-
      -rieux.  Le multitache resta longtemps obscur, car il n'avait
      aucun quivalent dans le monde PC.  J'avais entendu dire qu'une
      quipe de Chicago travaillait  l'adaptation de Widow, mais sans
      rsultats interessants.

             Le lendemain, j'avais dchiffr le sens gnral de la pro-
      -phtie.  Je n'en sentis que mieux l'urgence qu'il y avait  r-
      -agir.  La prophtie annonait que lorsque l'offre logicielle
      serait devenue suffisante, le portail du DOS s'ouvrirait, laissant
      entrer les Anciens Dieux : Ikhaka "celui-qui-marche-sur-
      l'assembleur", Shubniggurath "l'immonde-bouc-aux-milles-cobol",
      Yog Sotote "Celui-qui-provoque-les-Gurus-Meditations", et leur ma-
      -tre : le terrible et indicible Culnhu "Celui-qui-rampe-dans-la-
      mmoire-haute".

             Les Anciens Dieux possdaient la magie des Lamers : On ne
      pouvait les tuer, car ils avaient les vies infinies.  Il fallait
      donc empcher le portail de s'ouvrir.  La seule solution passait
      par l'limination physique des grands prtres du PC.  Je connais-
      -sais l'incantation, mais il me manquait les ingrdients nces-
      -saires : de la bave de codeur ST, une pomme  moiti croque, la
      queue d'une souris et un joystick PC qui marche.

             Jusqu' hier, la qute des ces lments m'a absorbe.  Le
      plus difficile  trouver fut le joystick PC.

             Je me suis alors dcid  transcrire ces venements, car je
      crains que la puissance du sort n'absorbe mon fluide vital.  Je
      suis dsol pour mes contacts qui attendent leurs disquettes, mais
      l'quilibre cosmique dpend de ma dcision.

             Le temps presse.  Les sectateurs des Anciens Dieux ont re-
      -trouv ma trace.  Je sens leur aura de haine, qui a pris une
      consistance presque physique.  La dcouverte de ma maison n'est
      plus qu'une question d'heures.

             Je vais tracer le pentagramme avec mon sang, et disposer
      les ingrdients en son centre.  Alors, je prononcerais l'incanta-
      -tion : "Accs rapide  la mmoire, vido perfectionne, coproces-

Prcdent: Sommaire             Courant : L'Appel de Culnhu    Page :      7


      -seurs performants et canaux DMA, sont des choses que vous n'aurez
      pas !"

             Je vais maintenant sauvegarder ce texte.

             Je crois que le pentagramme serait aussi efficace trac 
      la craie, non ?




      
                                                                        
           Texte "L'Appel de Culnhu" par WARRANT (Bravo J.Seb !)        
                                                                        
          Prambule malhonnte (accompagn de ces quelques lignes)      
                        rajouts ensuite par Rixed,                     
                       le serviteur de la prophtie.                    
                                                                        
                             Gnahahahahaak !                          
                                                                        
      ĴLA FIN EST PROCHE

